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mercredi 29 octobre 2014

I never knew...

"As soon as this child was born I immediately wanted to call my parents and just apologize because I never knew how much they loved me."

C'est une citation d'Asthon Kutcher, un acteur américain très actif sur les réseaux sociaux, qui vient tout juste de devenir papa. Sur sa page Facebook. 

Et c'est exactement le genre de truc que j'ai pensé la nuit où Damien est né, il y a presque 5 ans. 

Je me souviens d'avoir regardé dans le petit lit, en surveillant la respiration de mon nouveau-né, et d'avoir dit à Kevin «On ne sera plus jamais l'esprit complètement tranquille. Il y aura toujours une partie de notre tête qui va un peu s'inquiéter. Se demander si Damien est correct.» C'était totalement vrai. Mon fils a 4 ans et demi, et chaque soir, je me dois d'aller voir dans son lit s'il  dort bien, s'il n'est pas trop près du bord, si sa respiration est calme. Juste voir s'il est bien. Après, je peux dormir. 

Et je me souviens, à la première fête des mères après que je sois devenue maman, d'avoir écrit dans la carte de ma mère quelque chose comme «Je ne savais pas, avant, à quel point vous pouviez nous aimer.» 

On ne réalise que lorsque quelqu'un nous dépose ce petit humain dans les bras. La plus grande et la plus belle responsabilité du monde. Et chaque jour, on le réalise un peu plus. 

Mon amie et moi essayions d'expliquer le concept à un ami qui n'a pas d'enfant l'autre jour. On parlait de l'ebola (!) et de la peur qu'on peut avoir qu'il arrive quelque chose à nos enfants. À quel point cette peur peut être immense, nous dépasser complètement. Une peur qu'on n'a jamais connue avant d'avoir des bébés. Et il nous disait «Oui mais moi, j'ai peur pour moi, pour ma vie, au moins autant que vous vous avez peur pour vos enfants.» Non. Tellement pas. L'attachement qu'on porte à la vie de nos enfants, c'est tellement 1 million de fois plus immense que l'importance qu'on accorde à notre propre vie. Aussi égocentrique que l'on puisse être. 

Tout ça devient vrai seulement à partir du moment où on devient parent à son tour. Avant, on peut en avoir une vague idée. Quand ça devient concret, ça nous frappe avec une telle violence. Un amour plus fort que pratiquement tout. 

Damien, maman t'aime tellement. 





mardi 28 octobre 2014

Adorable photos of parents meeting their babies for the first time

Dans à peu près 4 mois, ça va être notre tour. ENFIN.

Ce sont de magnifiques photos. J'ai eu un frisson et versé une petite larme. Je vais avoir attendu et espéré ce moment-là pendant presque 3 ans (plus de 2 ans d'essais + la grossesse).

J'ai tellement hâte de rencontrer mon petit miracle.

http://aplus.com/a/meeting-babies-first-time


lundi 4 août 2014

11 semaines ou la fin du premier trimestre

Eh oui! Mon premier trimestre touche enfin à sa fin. Dans environ 13 jours, je débuterai la grande aventure du 2e trimestre. Dans 8 jours, j'entendrai (si la vie le veut bien) le coeur de mon bébé battre à travers le Doppler de mon gynécologue. Dans 14 jours, j'aurai peut-être la chance de le voir enfin sur l'écran du radiologue de chez Fertylis, où j'irai passer mon prénatest (dépistage de la trisomie et autres malformations).

Je compte tous ces jours avec une minutie qui outrepasse le domaine du raisonnable, de même qu'avec une angoisse digne d'un ado qui écoute un film d'horreur des année 90. Je suis terrorisée. Jusqu'à il y a quelques jours, ça allait, mais là, toute rationalité a quitté mon cerveau, ne me laissant qu'une vague conscience du temps qui passe beaucoup trop lentement. J'ai même tenté de devancer les deux rendez-vous cités plus haut. Sans succès. Car pas vraiment de raison valable. Outre ma santé mentale. Qui, semble-t-il, intéresse bien peu les professionnels de la santé qui gèrent ma grossesse, et ce depuis le début, depuis bien avant en fait. Depuis que je fais des fausses couches, que ce soit mon gynéco de grossesse, mon gynéco régulier, mon médecin de famille, toutes leurs secrétaires, je dirais que tout ce beau monde se fiche pas mal de mon état mental.

Le fait que le stress est archi-mauvais pour la grossesse, c'est un fait reconnu universellement. Mais de là à faire quelque chose pour m'aider à me libérer du dit stress... faudrait pas trop en demander.

Vous avez lu le sarcasme dans mes lignes? (Sinon, allez vous acheter des lunettes...)

Bref, j'aurais bien aimé être rassurée, mais ça ne sera pas possible. À moins que je perde du sang. Là, ils vont me voir. Bande de cons. Si je perd du sang, il sera déjà trop tard. Je le sais, c'est arrivé 3 fois. Les 3 fois, on m'a regardé d'un air simili-désolé-fake en me disant que c'était une fausse couche, qu'une fois que ça saignait, c'était fichu.

Donc si je comprends bien, pas de sang = on refuse de me voir car on assume que tout va bien. Appelez-nous si vous saignez madame. Si je saigne = on refuse tout autant de me voir, ça ne sert à rien, il est trop tard madame. Revenez faire une prise de sang demain, on vous confirmera que vos hormones ont descendu.

Il faut quoi pour avoir un suivi prénatal qui a de l'allure bordel? TOUS les bouquins, TOUS les sites que je lis, disent que quand on fait des fausses couches à répétition, il FAUT un suivi prénatal plus serré. Mais au Québec, personne ne le donne, ce foutu suivi prénatal plus serré.

Alors j'angoisse. J'insomnise. Je craque un peu. Et je compte les jours. Les nuits. Les heures. Les putain de minutes.

SI (et j'insiste sur le SI) tout va bien, j'en suis à 11 semaines. Bébé devrait avoir la taille d'une figue. Et il devrait être entièrement formé, des dix doigts aux dix orteils. Techniquement, il embarque dans sa phase «poussée de croissance» et devrait doubler de grandeur dans les semaines à venir.

J'ai si hâte de le voir sur cet écran, d'entendre ce son de battement de coeur qui ressemble à la course d'un cheval... j'ai tant besoin d'être rassurée.

Une grossesse après toutes ces épreuves, ça n'a vraiment absolument rien de joyeux. Je voudrais seulement me réveiller au 1er mars, avoir ma césarienne et tenir ma petite grenouille dans mes bras.

S'il vous plaît?



dimanche 22 juin 2014

Un nouvel espoir?

C'est avec une grande fébrilité, beaucoup d'inquiétudes mais un bonheur infini que j'ai découvert ce petit "+" sur mon test de grossesse ce matin... est-ce enfin la bonne? Est-ce bien le 26 février 2015 que je tiendrai enfin dans mes bras ce bébé espoir que j'attend depuis 2 ans?

On se le souhaite tellement... je suis sur un petit nuage. Un nuage inquiet, mais qui vole quand même ;)


Voici ma courbe de température positive. J'y ai cru assez tôt car franchement, c'est une de mes plus belles courbes ever. Et une des rares fois où l'application a détecté mon ovulation en même temps que le test d'ovulation. Mon test de grossesse était négatif au J28 (12DPO) mais a été positif au J32 (16DPO). Je n'ai eu aucun doute, la ligne est apparue immédiatement, très rapidement, et très claire, ne laissant aucun doute sur le fait que mon taux d'HCG avait monté en flèche dans les 4 derniers jours. 


Petite grenouille, accroche-toi, on part pour un tour de manège de 8 mois ensembles, et à la fin on vivra ensembles un bonheur incroyable, tant attendu, et bien mérité. Je t'aime déjà plus que la vie même. 


lundi 21 avril 2014

Besoin d'écrire...

Je relance mon blogue. Le pissenlit, pourquoi? Parce que j'adore faire des voeux en soufflant sur des pissenlits. La façon la plus poétique d'envoyer mon voeu dans l'univers, symboliquement et esthétiquement à la fois. Mon bébé pissenlit, il est venu plusieurs fois dans mon ventre, mon souhait a été plusieurs fois réalisé. Mais j'ai du mal à le garder. C'est ça mon souhait. De le garder avec moi pendant 40 petites semaines.

La dernière fois où j'ai écris, je venais de perdre ma deuxième petite crevette. C'était en septembre 2013. Déjà plus de 7 mois ont passé. Pendant ces 7 mois, j'ai perdu une troisième petite crevette. Cette fois-ci, je ne savais pas que j'étais enceinte, je l'ai découvert en passant des tests pour expliquer les saignements abondants et interminables avec lesquels j'étais aux prises. La réponse était : une fausse couche. Dah.

Un ami est passé me voir le soir-même et m'a dit "Comment ça va?" J'ai répondu "Bah, on s'habitue, j'imagine...?" Il m'a regardée, estomaqué. "On peut s'habituer à ça?" Je ne sais pas. J'imagine que oui. La douleur était un peu moins forte cette fois-là. La douleur physique, on en vient à bout. Je n'avais pas eu le temps d'espérer. C'est l'espoir qui s'effondre qui fait le plus mal. À ça, on ne s'habitue jamais.

Après la 3e fois, je me suis dit que j'irais en clinique de fertilité. J'ai rendez-vous dans 9 jours. Mais ça ne me dit vraiment rien de bon. Les traitements hormonaux. La panoplie de tests à passer. Devoir m'absenter du bureau, constamment mentir. Pour obtenir des résultats qui ne me feront pas davantage de bien. Si on trouve un problème, ça voudra dire que je devrai "embarquer dans le système" et prendre des médicaments, des hormones, tout calculer (encore plus que je ne le fais déjà depuis 2 ans) et me présenter à des centaines de rendez-vous médicaux. Si on ne trouve rien... tout continue pareil. Je n'arrive pas à faire mon choix entre ces deux avenues, alors je me demande vraiment à quoi ça sert de passer par là...

Pour savoir? Oui, sûrement. Au fond de moi, je suis convaincue qu'il n'y a rien à découvrir. J'ai eu Damien parfaitement normalement. Je suis tombée enceinte 4 fois avec le même homme. Je pense encore que c'est une question de hasard. La vie, le karma. Le mauvais endroit au mauvais moment. Le mauvais stress au début de la mauvaise grossesse. Quelque chose comme ça qui expliquerait pourquoi je suis tombée enceinte 4 fois et que je n'ai qu'un seul enfant en vie. Et 3 petits anges au ciel.

J'espère encore que "ce mois-ci, ce sera la bonne." C'est la 21e ou 22e fois que je me la répète, celle-là...

On croise les doigts. La réponse dans le courant de la semaine.


lundi 16 septembre 2013

C'est raté pour cette fois...

Eh bin oui. C'est moche mais c'est comme ça. J'étais si confiante cette fois-ci, tellement pas angoissée, tellement pleine de beaux rêves et débordante d'enthousiasme. Ce ne fut pas suffisant. Le verdict est tombé mercredi passé : fausse couche.

Encore une fois. Mon parcours à date : une fausse couche en mars 2009, suivie d'une grossesse menée à terme en janvier 2010. Puis, une autre fausse couche. Je ne suis pas le pattern habituel. En fait, je pense pas qu'il y ait de pattern pour ces choses, mais je trouve ça bizarre de faire une fausse couche avant et après une grossesse normale, au lieu de faire des fausses couches a répétition. Mais enfin. 

L'expérience a été moins pénible que celle s'il y a 4 ans. Parce que j'ai mon beau Damien, mon soleil, mon trésor, ma lumière. Même si je faisais 8 fausses couches, il y aura toujours cette partie de moi qui rappellera a mon cerveau que c'est moi qui a eu le plus beau, le plus merveilleux de tous les bébés du monde, et qu'il est la pour me dire "Je t'aime maman" à tous les jours de ma vie. C'est le genre de truc qui efface beaucoup de douleurs. 

Mais pas toutes. Ça reste vraiment chiant d'attendre 14 mois pour tomber enceinte et le perdre 3 semaines après avoir eu un test positif. Bonjour les montagnes russes d'émotions. Je suis plus amère que triste. Je suis encore dans ma phase "La vie c'est d'la marde, y a plein de connards qui font des enfants et qui le méritent pas, pourquoi moi je peux pas avoir un 2ème bébé bordel." Oui oui, il y a une phase qui s'appelle comme ça. Et j'ai de la misère à passer à autre chose. Ça viendra. 

Sans parler des inconvénients physiques, disons que j'ai hâte de ne plus me tordre de douleur chaque nuit. Je sais pas pourquoi c'est pire la nuit. 



Je me console. Je n'étais qu'à 7 semaines. Je n'ai pas eu de complications. Je n'ai pas eu besoin de curetage. Je peux re-boire du vin et re-manger du tartare. 

Mais j'ai pu de bébé. :(

Grenouille #2, reviens vite. Je t'attends... 


mardi 27 août 2013

5 semaines

C'est fou ce que les mots ne parviennent pas à décrire ne serait-ce que le millième du bonheur que je ressens depuis que j'ai enfin vu ce petit mot "enceinte" sur mon test de grossesse électronique ClearBlue. Oui oui, j'ai acheté un test électronique. Au fil du temps, je me suis rendue compte que je préférais payer 14,95$ pour un test électronique qui te dit clairement OUI ou NON, plutôt que payer trois fois 7,95$ pour des tests normaux avec des tite barres si pâles et ambiguës que de toute façon tu rachètes 2 autres tests pour être sûre. Comptabilité a l'appui, les tests électroniques sont plus rentables.

Pour en revenir au bonheur, je flotte sur mon nuage. Je suis si euphorique. Sans même parler du fait que ce n'est plus ma première grossesse = je ne suis plus en constante insécurité, à avoir peur de perdre le bébé, à me demander "Mais comment ça j'ai mal au ventre?" ou encore "Pourquoi l'odeur du lait me donne envié de vomir ma vie." Ces joyeux questionnements sont désormais inutiles. Je sais que mon utérus travaille déjà a grossir, même si actuellement mon bébé a la grosseur d'un pépin de pomme. Et je sais que les hormones (les tab*****) foutent en l'air toutes les conventions de la médecine en général, et me font subir un paquet de trucs tous plus fous les uns que les autres. Comme la vue qui baisse. Comme les gencives qui font de la gingivite. Comme les odeurs qui donnent mal au cœur sans raison. Comme les seins qui piquent. Etc. Etc. Etc. Maintenant, je sais que tout ça est normal, même si c'est un doux euphémisme. RIEN n'est normal durant la grossesse. Mais au moins je sais que rien de tout ça n'est grave. Rien de tout ça ne signifie le moindre danger de perdre mon bébé. Et cette douce certitude est le plus merveilleux baume sur le cœur d'une maman en devenir. 

Alors je vous présente bébé #2, actuellement fœtus de 5 semaines : 


Eh oui. Actuellement, ce n'est qu'une boule de cellules. Mais ne soyez pas déçus. D'ici quelques jours a peine, il aura cette forme caractéristique des fœtus qui les fait tant ressembler à une crevette :


C'est quand même particulier, non? En à peine 7 jours. C'est pour ça qu'il faut prendre plein de vitamines et surtout d'acide folique pour favoriser le bon développement. Parce que quand on se développe et qu'on se construit des os, une colonne vertébrale, un cerveau et des membres en moins de 7 jours, ça doit prendre beaucoup d'énergie, de minéraux et de vitamines, en effet. 

Ça doit être pour ça que je suis si fatiguée. Je dormirais ma vie, je me coucherais à 6h le soir et je referais une sieste l'apres-midi. Et même le matin. Mon lit est un si douillet paradis.

Toujours est-il que mon début de grossesse se passe bien et que j'ai bien l'intention d'alimenter ce blogue pendant les 8 prochains mois, comme je l'ai fait pour la précédente. Je pense que c'est ça le côté le fun d'avoir un bon 4 ans entre mes 2 enfants : j'ai eu le temps de m'ennuyer d'être enceinte, d'allaiter, de sentir des coups de pied dans mon bedon. Avoir désiré concevoir cet enfant pendant 14 mois et l'avoir enfin, ça donne furieusement le goût de profiter de chaque instant, non? ;)

N'hésitez pas à vous abonner à mon blogue (colonne de gauche) ou à revenir souvent! 

À bientôt!
Future maman comblée 


vendredi 23 août 2013

Ça y est!

I am so happy!

Petite grenouille #2 est finalement en route! Bien accrochée dans mon bedon! 

Ça aura pris 14 mois d'essais. C'est long, 14 mois. Très très très (fucking) long. J'étais à 1mm de perdre espoir et d'aller quémander des traitements de fertilité à mon médecin de famille. Oui oui. J'étais prête à m'envoyer des doses épouvantables d'hormones dans le but de me reproduire plus facilement. Mais semble-t-il que la vie ait voulu m'épargner ce calvaire. 

Alors Grenouille #2 sera parmi nous autour du 30 avril 2014. 

J'ai envie de crier à l'univers toute ma joie, mon soulagement, mon pur délire! J'ai eu si peur de ne jamais avoir ce 2ème bébé que je désire tant. J'ai eu si peur que la césarienne ait scrapé mon utérus. Que mon corps ne sache plus construire la vie. Que ça ne fonctionne jamais. C'est comme si toute cette immense pression aujourd'hui éclatait et me libérait, dans un élan indescriptible de pure joie. 

La premiere fois que j'ai été enceinte, j'étais heureuse. Puis je l'ai perdu (fausse couche. Quand je suis retombée enceinte immediatement après, j'étais immensément soulagée, mais je n'ai jamais eu a attendre, a souhaiter ardemment, a patienter. J'ai eu mon bébé 3 semaines après la fausse couche. 

Là, j'ai attendu 14 mois. C'est rare dans la vie des choses que tu attends et que tu espères de toutes les fibres de ton corps pendant plus qu'un an. L'obtenir, c'est le paradis. 

Je suis au paradis. Avec ma petite grenouille #2 :)


jeudi 11 avril 2013

Un autre cycle, ou est-ce enfin la bonne?

Je commence à en avoir vraiment marre des montagnes russes d'émotions à chaque mois. Au début du mois, les règles. Autour du 8e jour, début de la période de fertilité. Sentiment de «devoir» faire l'amour, complètement contre-nature, que je déteste. Mais quand ça fait un an qu'on souhaite ardemment avoir un bébé, on se conforme, pis on le fait pareil, même si c'est pas spontané, même si ça nous tente pas. Autour du 15e jour, supposé peak de fertilité. Tests d'ovulation à 40$ la boîte. La dernière série ne m'a donné aucun positif : de la schnoutte ces tests. Neuf tests d'ovulation en ligne et aucun positif. N'importe quoi. Ensuite, le pire bout du mois : l'attente des saletés de règles. 14 jours de calvaire. Puis, autour du jour 27, l'espoir ultime. Le lendemain : les crampes annonciatrices. Le jour 28 : les satanées règles.

Je suis vraiment à bout de nerfs. Je conçois difficilement que des femmes passent à travers tout ça pendant des années, des fois 5 ou 10 ans. De saintes femmes. Je ne me rendrai pas jusque là, pour la simple et bonne raison que j'ai déjà 31 ans et que je ne veux pas avoir de 2e enfant passé 35 ans. Si ça me prend encore 4 ans avant de tomber enceinte, Damien aura soufflé 8 bougies le jour où son frère ou sa soeur naîtra. Bonjour les activités familiales impossibles! Je nous vois déjà, Kevin qui amène le plus vieux à la Ronde, pendant que je promène un nouveau-né dans sa poussette, seule au parc. Ou encore moi qui passe le week-end au chalet avec mes parents, avec Damien, et Kevin qui reste à la maison parce que le nouveau-né ne fait pas ses nuits. C'est hors de question.

Mais c'est difficile d'accepter de faire une croix sur un deuxième enfant. Je n'ai pas du tout envie de me rendre là.

Je continue d'espérer. Aujourd'hui, c'est mon jour 27. Ma meilleure amie (enceinte de son deuxième) me demande : « Est-ce que tu te sens enceinte? » Non. Je sais pas. J'ai mal au coeur le matin, mais je sais que c'est mon cerveau qui se fout de la gueule de mon corps. J'ai arrêté de chercher les symptômes ; mon corps veut tellement les éprouver qu'il les invente.

Cigogne, où es-tu? Je t'attends ;)


jeudi 4 octobre 2012

Ces rendez-vous manqués

J'ai lu un billet fort remuant sur le site de Yoopa. J'adore ce site web, en passant : yoopa.ca. Excellente source d'information, de divertissements, de chroniques et d'humour, pour tous les parents.

Bref, j'y ai lu cet après-midi une chronique de Mylen Vigneault : « Ces rendez-vous manqués : des histoires de fausses couches. »

Je ne vous la résumerai pas ; je vous conseille d'aller la lire.


L'image provient aussi de leur site. Je la trouvais magique. Un bébé, pas tout à fait formé, qui s'échappe, qui s'en va, dans l'univers, qui nous quitte sans jamais vraiment nous quitter. 

Si vous avez lu mon blogue, ou si vous me connaissez, vous savez que j'ai aussi fait une fausse couche. Le 16 mars 2009. Je me souviens de la date, car c'était la première journée à mon nouvel emploi, celui que j'occupe encore aujourd'hui. 

Je trouve aussi, comme l'auteure de la chronique, que notre système ne consacre pas assez de temps et d'énergie et surtout d'empathie, aux très nombreux parents qui vivent le deuil de perdre un bébé avant sa naissance. 

J'ai passé un test de grossesse au début du mois de mars, et il était positif. C'était une surprise, mais une belle surprise. Mon chum sautait de joie, il allait enfin être papa! J'ai commencé par être sous le choc, puis je suis devenue heureuse. J'ai appelé ma maman, ma soeur, mes amies. Puis j'ai fait des plans. J'ai vu mon avenir, avec ce bébé. 

Puis, le 15 mars au soir, je suis allée au cinéma, voir « Dédé, à travers les brumes ». Un film dur, mais magnifique, sur la vie du chanteur des Colocs. J'ai eu mal au ventre tout le long, mais je ne me suis pas vraiment inquiétée. Dans les livres et les sites web, on disait que les femmes enceintes ont mal au ventre en début de grossesse, car les ligaments s'étirent alors que l'utérus prend forme pour accueillir notre petit trésor. 

En revenant du cinéma, je trouve des traces roses dans mes sous-vêtements. Je commence à m'inquiéter sérieusement. Je lis sur internet. Ce que je lis ne me dit rien de bon. Je me couche. Je ne dors pas. 

Le lendemain matin, je vais travailler, ma première journée à mon nouvel emploi. Je commence à 9h, mais j'arrive à 8h. À 8h30, dans les toilettes (que je ne verrai plus jamais de la même façon, même quand j'y retourne après 3 ans) c'est les chutes niagara, mais rouge sang. Rouge vif mêlé à rouge foncé. Vie mêlée à mort. J'appelle mon médecin, qui tristement me confirme que selon lui, j'ai du perdre mon bébé, surtout si j'ai très mal au ventre. Je pleure un peu, je me ressaisis, met une serviette sanitaire et retourne travailler. 

Je passe ma journée de travail. Je prend une pause pour appeler ma maman et lui annoncer qu'elle ne sera probablement pas grand-maman, finalement... 

Je me sens pas mal seule. 


Je finis ma journée, puis j'appelle mon chum pour lui dire que je vais aller à l’hôpital juste à côté. J'arrive à l'urgence. J'y vois une salle bondée de malades. Une femme est en train de mourir d'une crise d'asthme sur les bancs. Littéralement, mourir là, live, devant plein de monde qui ne peuvent rien y faire. Une amie ou une soeur crie, hurle après le personnel, qui n'est pas là, pour qu'on fasse quelque chose. Vision d'horreur. On est au Québec non? Il ne me semblait pas qu'on mourrait dans les urgences, faute de personnel. 

Je vais voir un infirmier au triage. Je lui dis : « Je suis en train de perdre mon bébé. » Il me dit : « Il y a 36 heures d'attente, ça ne vous sert à rien de rester ici. » Je le regarde. « Je pense que vous n'avez pas compris. Je suis en train de perdre mon bébé. Là, maintenant. Il sort de mon corps, il meurt. » Il me regarde d'un air désolé. « Combien de semaines de grossesse? » Six. Je sais, c'est pas beaucoup, mon bébé ne mesure que la grosseur d'un pois chiche. MAIS IL EST EN TRAIN DE MOURIR PAREIL. 

Il me dit qu'il ne peut rien pour moi, qu'il est vraiment désolé, et d'aller à la polyclinique en face. Je vais à la polyclinique. On me donne un numéro. Vers 8h45 le soir je vois un médecin, qui me fait un examen gyneco. Il dit ne rien percevoir, outre la quantité phénoménale de sang. Me book pour une échographie à l'hôpital le lendemain. Ne peut rien faire de plus. 

J'arrive le soir, je suis en larmes, démolie. Personne ne comprend, sauf mon chum. Il essaie de me consoler, mais il a aussi mal que moi, j'en suis sûre. Mes amis ne comprennent rien. Ce n'est pas leur faute. 

Le lendemain, à l'hôpital, le radiologiste ne voit rien. Mon utérus est complètement vide, comme s'il n'y avait jamais eu de bébé. Je le vois dans sa face : il pense que j'ai imaginé ma grossesse. Je peux vous montrer les 3 tests positifs qui prouvent le contraire. Mais au fond, tout le monde s'en fout. Le bon côté : je n'ai pas besoin de curetage. Un stress de moins. 

Commence la longue période de platitudes ultimes « Tu en auras un autre. » « Il était probablement mal formé. » « 20% des femmes ont des fausses couches, c'est normal.» « Arrête de t'en faire. » « Ce n'était pas le bon bébé au bon moment. »

Toutes plus pénibles les unes que les autres. Le monde pense qu'on ne mérite pas de faire un deuil quand on perd un foetus, parce qu'il n'était pas encore né. Pire, le monde se permettent de juger qu'à 6 semaines de grossesse, c'est presque comme s'il n'avait jamais existé (car à 4 semaines ce sont les règles) alors on est pas justifiées d'avoir mal ou de souffrir, comme les mères qui perdent un bébé à 20 semaines de grossesse. 

Je peux concevoir que c'est plus difficile de perdre un bébé à 5 mois de grossesse, c'est certain. Mais ça ne veut pas dire que je n'avais pas un plan, que je n'avais pas déjà un avenir pour ce bébé, pour ma famille, que je ne l'aimais pas déjà. Ça ne veut pas dire que j'ai moins de peine. 

Je n'ai pas pu le voir. Je n'ai pas pu lui dire au revoir, l'enterrer. Il est mort dans les putain de toilettes de mon boulot. Sans aucun soin médical, ni pour lui ni pour moi. Quelle injustice. 

Quand je suis retombée enceinte, j'ai demandé à être suivie plus tôt par l'obstétricien car j'avais déjà perdu un bébé. On m'a répondu que si je n'avais pas fait au moins 3 fausses couches, ce n'était pas justifié. Quelle connerie. On attend de faire vivre 3 deuils à un couple, avant de s'assurer que la maman sera suivie convenablement. Sinon, pas de rendez-vous chez le médecin avant la 12e semaine. Quelle insensibilité. 

Heureusement pour moi, ma 2e grossesse s'est bien passée, et mon trésor, mon soleil, mon Damien est né le 13 janvier 2010. Mais quand je retomberai enceinte, j'aurai toujours peur de revivre cette froide insensibilité de notre système de santé, cet insupportable moment, où un membre du personnel de santé est capable de vous annoncer la mort de votre bébé, la chair de votre chair, sur le même ton qu'on vous dirait que votre billet de 6-49 est non-gagnant. 


vendredi 17 août 2012

Un kyste dermoïde

Ce post n'a rien à voir avec mon désir d'avoir un deuxième enfant ou une future grossesse. Il raconte une aventure que mon conjoint, mon fils et moi avons vécu au printemps 2011. La plus difficile de ma vie.

En décembre 2010, Damien avait alors 11 mois, nous lui avons trouvé une bonne bosse sur la tête. Ça avait l'air d'une prune. On s'est dit qu'il se cognait tout le temps ; rien de plus naturel. On ne s'est pas inquiétés.

Après 2 mois on s'est dit «Coudonc, ça dure combien de temps, une prune?» alors on est allés chez la pédiatre, qui nous a envoyés à Ste-Justine. Déjà, le stress embarque. Avez-vous déjà essayé de faire passer une radiographie à un mousse de 12 mois? Mission impossible. Il a fallu enrouler mon fils dans une serviette, le coincer entre 2 planches de bois et que je le maintienne en position. Déjà, passer un scan, c'est désagréable. Avoir l'impression de traiter son fils comme un animal indiscipliné pour l'empêcher de bouger pendant qu'il hurle, c'est carrément à se trancher les veines.

Mais je n'avais encore rien vu.

La radio n'a pas vraiment été utile. Alors ils nous ont fait passer une échographie cervicale. Là, ils ont vu quelque chose. MAIS ILS NE SAVAIENT PAS CE QUE C'ÉTAIT.

C'est là que le monde arrête de tourner. Quand un radiologue, dans la cinquantaine (donc qui a l'air d'avoir une bonne expérience) du meilleur hôpital pour enfants de la grande région de Montréal, te dit qu'il n'a jamais vu ça de sa carrière, tu CAPOTES. Le tourbillon d'émotions contradictoires est hallucinant : rage de se trouver devant un radiologue incompétent, injustice que ce soit TON enfant qui subisse ça, incompréhension (ça ne peut PAS nous arriver??!?), détresse ultime, tristesse immense, terreur incontrôlable. Et ensuite le mot saute dans ton esprit avec l'agilité d'un olympien triple-médaillé d'or : CANCER. Je suis sûre que c'est un cancer. Un type de cancer encore inconnu. Alors les autres mots déboulent : chimio, radiothérapie, perte de cheveux, système immunitaire déficient, hôpital, traitements, mort... mort? Pour vrai? Un bébé, ça ne peut pas mourir, non?

Je n'ai jamais été aussi malheureuse de ma vie. Ces quelques minutes ont été un calvaire.

Et le radiologue nous quitte en disant «Je vais voir ça avec des collègues, on vous rappelle dans quelques jours.» QUOI? Parce que tu penses que je vais vivre ça pendant quelques jours? Euh, non.

Je me suis effondrée. Kevin me suppliait de me calmer, pour que Damien ne soit pas effrayé. Il n'y a rien qui bouleverse davantage mon fils que sa maman qui pleure ou qui a mal, et ce depuis qu'il est en âge d'exprimer des émotions.

Les quelques minutes où j'ai tenté de reprendre mon calme ont été un coup du destin : elles ont permis que nous soyons encore là quand le radiologue est revenu. Pour nous dire qu'il avait parlé à un collègue, et que lui savait c'était quoi. Alleluia!

Un kyste dermoïde. Pardon? Un kyste dermoïde. Des cellules de peau et/ou de poils, qui ne sont pas à leur place. Au lieu d'être dans la peau, elles sont dans l'os. WTF? Pas en-dessous de l'os, non, DANS l'os. Dans la couche d'os qui recouvre le cerveau de mon bébé. Et comme des cellules de peau, ça se desquame, alors ça grossit, à perpétuité.

Ok, alors on fait quoi?

On opère.

Comment ça on opère? On ne va pas ouvrir le crâne de mon fils? Si.

La deuxième bombe. Opération en neurochirurgie. Le plus vite possible. Rencontre avec le neurochirurgien, chef du service de neuro de Ste-Justine. Super gentil le monsieur. On vous appellera dès qu'on aura une place dans l'horaire. Vous devrez prendre une semaine de congé. (Une semaine? Je prendrai un an s'il faut.)

Ça prend un mois avant de recevoir le-dit appel. Ma patronne, super compréhensive, ne dit pas un mot, si ce n'est pour me faire savoir que toute mon équipe au boulot pense à moi et est avec moi. Le soutien, c'est précieux.

Un dimanche soir, le 27 mars 2011, on entre à Ste-Justine. Maman va dormir là avec Damien. Il n'y a qu'un seul lit, de la place que pour une personne. Ça a du être déchirant pour Kevin de repartir dormir à la maison.  Damien a découvert la salle de jeu de l'hôpital. On lui pose un cathéter. Ça va relativement bien. On rencontre nos compatriotes de chambre.

Damien, la veille de son opération, à Ste-Justine

Le lendemain matin, Kevin était là à 5h. L'opération est prévue pour 13h. Damien doit être à jeûn. Premier combat. Damien a 14 mois : il n'a jamais connu la faim. Il hurle tout l'avant-midi, souffre, crie, pleure, ne comprend pas. Nous devons le consoler, et attendre. En milieu d'avant-midi, il passe une résonance magnétique, pour confirmer le diagnostic (WTF? le jour de l'opération??) Première anesthésie générale, car on ne doit pas bouger pendant 45 minutes pour un scanner. Explique ça à un bébé affamé. Donc premier stress intense. J'ai le droit d'entrer avec mon fils dans la salle de résonance magnétique. Je le surveille. Je pleure. Je ne le lâche pas des yeux. Je me dis que je ne le lâcherai plus jamais des yeux de toute ma vie, après.

Le scan confirme le diagnostic. Damien se réveille. L'anesthésie a un drôle d'effet. Donne l'impression qu'il a bu de l'alcool. Damien rit en se réveillant, est incapable de coordonner ses mouvements. On réussit à trouver ça drôle. Le stress, peut-être. Papy et Mamie sont là, avec nous.

Réveil après la première anesthésie
Puis, on entre au bloc opératoire. Damien a fini par s'endormir d'épuisement à force d'avoir hurlé sa faim et sa douleur tout l'avant-midi. Dans les bras de papa. Un infirmier vient le chercher. On le dépose sur le lit roulant. Avec l'impression de perdre une partie de notre coeur. La peur, non, la terreur, de le voir sortir de la pièce en se disant que c'est possible, qu'il n'en ressorte pas, s'il y a des complications à l'opération... il n'y a pas de mot pour décrire ce sentiment d'impuissance et de perte. Je me suis effondrée sur une chaise, dans cette petite salle d'attente minable aux murs jaunis, avec tous ces autres parents qui vivaient quelque chose de semblable. Je me suis endormie. Probablement parce que mon corps n'arrivait plus à suivre mes émotions.

2h plus tard, le médecin est venu nous dire que c'était terminé, que tout avait bien été. Que nous allions voir notre fils dans 15 minutes. Quand il est arrivé, sur son lit roulant, poussé par un infirmier jovial et souriant, ça a été le plus beau moment de ma vie. Il avait sa petite jaquette jaune, son ourson dans la bouche, des petits yeux fatigués et un sourire... le plus beau des sourires. Le soleil en personne. Je ne fais que l'écrire et je frissonne, les larmes aux yeux. Le plus beau moment de ma vie. Plus encore que sa naissance. J'avais tellement eu peur de le perdre...

Mon bébé, fiévreux mais sans danger, se repose après l'opération.

Damien s'est rétabli comme un champion. Il est sorti de l'hôpital le lendemain midi. Papy est venu nous chercher, car papa travaillait. Maman a pris la semaine de congé. Plus tard, les analyses ont démontré que le kyste était bénin, aucune cellule cancéreuse n'avait attaqué mon trésor. C'est à partir de ce moment que j'ai toujours appelé Damien mon trésor. Parce que c'est ce que j'ai de plus précieux au monde, et que j'ai eu si peur qu'on me l'enlève.

Le lendemain matin de l'opération
La cicatrice
Mai 2011, mon trésor est guéri.
Aimez vos enfants comme si chaque jour était un cadeau du ciel. Profitez de chaque minute comme si c'était la dernière. Le temps que nous passons avec eux ne nous est que prêté.

Damien, je t'aime plus que la vie même.

Maman xxxxxxxxx

jeudi 16 août 2012

L'aventure, ou comment on fait les bébés

Aux mamans, aux futures mamans, à celles qui essaient de devenir mamans : avez-vous des trucs pour trouver votre ovulation? Utilisez-vous des courbes de température comme celle de Mamanandco? Utilisez-vous des applications sur votre iPhone ou Android pour cibler votre période de fertilité? Ou vous laissez-vous guider par vos «feelings»?

De mon côté, j'ai un peu testé tout ça. Pour ma première grossesse, qui s'est transformée en fausse couche, c'était un peu un bébé-surprise. J'avais arrêté le condom, en me disant que «Si ça avait pris 5 ans à ma mère pour tomber enceinte, ça m'en prendrait bien 10 à moi!» quelle connerie... je suis tombée enceinte le premier mois. Celui où je venais de me trouver une nouvelle job. Stress, questionnements, insomnie = fausse couche. J'ai perdu mon bébé le matin même de mon embauche. Perdre un bébé, c'est déjà abominable. Perdre un bébé dans les toilettes de sa job, en cachette, en devant s'empêcher de pleurer, sans son conjoint, sans son médecin, et n'osant pas s'en aller à la maison parce que, bordel, c'est notre première journée! C'est plutôt pénible. Heureusement pour moi, bébé est parti vite, sans soucis, je n'ai pas eu besoin de curetage, et à part un «rush» d'hormones épouvantable qui a duré 12 jours, je n'ai pas eu trop de problèmes. J'ai pleuré ma vie en rentrant le soir à la maison, mais ma famille et mon copain étaient là pour moi.

Après ça, plus question d'attendre des mois, que ma situation soit stable avec mon emploi. Non, non, non. Une femme enceinte, c'est déjà instable. Une femme qui vient de faire une fausse couche, c'est une montagne d'hormones à «high». Mon corps croyait encore que j'étais enceinte, et mon cerveau avait beaucoup de misère à assimiler le contraire. J'ai développé une phobie des fausses couches. Je me suis imaginé le pire : les fausses couches à répétition, incapacité de garder un bébé, grossesses extra-utérines, mort intra-utérine, etc. J'avais tellement peur de ne plus jamais être capable de porter un bébé à terme. Et j'en voulais un TOUT DE SUITE.

Alors j'ai calculé ma courbe d'ovulation. Et dès que la période de fertilité s'est pointée, je me suis mise au travail. Mon copain était plus ou moins d'accord. Il trouvait qu'on aurait du attendre quelques mois. Après tout, lui aussi, il vivait un deuil. Une fausse couche, ce n'est pas le deuil d'un feotus. C'est le deuil d'un futur. De la vie de famille qu'on s'était imaginé la seconde où on a vu le petit « + » bleu sur le test en plastique. Kevin vivait ça différemment de moi. Moi, je voulais mon bébé. J'étais persuadée, dans une belle naïveté teintée d'hormones et de larmes, que mon bébé allait revenir, que l'âme de mon bébé serait la même que celui que j'avais porté et perdu, car je l'avais tellement aimé. Je l'avais déjà appelé Damien. Et quand je suis retombée enceinte, j'ai choisi à nouveau le même prénom.

Bref, 3 semaines après la fausse couche, ovulation. 10 jours plus tard : test positif. Kevin n'y croyait même pas. Il n'a presque pas eu de réaction quand je le lui ai annoncé. Ça m'avait vexée.

Cette grossesse s'est bien passée, et le 13 janvier 2010, mon fils, le plus beau miracle du monde, a vu le jour par césarienne, à l'hôpital de la Cité de la Santé à Laval.

Damien (1 mois) et maman - mars 2010

Je voulais attendre qu'il ait 2-3 ans avant de lui faire un petit frère ou une petite soeur. En janvier, nous avons retenté l'expérience. Mais maintenant, j'avais un iPhone! J'ai downloadé tout ce qui se faisait comme application de suivi de grossesse. J'ai obtenu la durée moyenne des mes cycles, évalué ma période de fertilité, etc. Et cette fois-ci, après 4 mois d'essai, toujours rien, sinon une amère déception à chaque début de règles. J'en suis restée un peu perplexe. Ça avait été si facile, les autres fois! Vous me direz : «Il y a des couples qui attendent parfois des années avant de pouvoir concevoir.» C'est vrai. Mais les 2 fois précédentes, ça avait marché du premier coup. L'humain est ainsi fait qu'il s'habitue rapidement à la facilité. J'étais contrariée.

Puis, sur un coup de tête, nous avons décidé d'acheter une maison. Changement de plans. Alors j'ai pris une pause-condom. Je ne voulais pas de bébé dans mon ventre pour un déménagement qui allait être éprouvant pour moi mais aussi pour Damien.

Maintenant, 2 mois après le déménagement, nous venons de reprendre les essais. Encore une fois, premier mois sans succès. Mais cette fois-ci, j'ai plus ou moins envie de faire une courbe d'ovulation ou de cibler ma période de fertilité. J'aurais plutôt tendance à laisser aller les choses d'elles-mêmes. Ne pas essayer de provoquer les choses. Ne pas angoisser. Ne pas m'en faire. Même si j'ai bien hâte, non : terriblement hâte, de tenir à nouveau un petit être si précieux dans mes bras, de le nourrir, l'allaiter, veiller sur lui ou elle.

J'aime à croire que la vie est bien faite, et qu'elle m'offrira cette petite grenouille pour bientôt, parce que c'est le bon moment, parce que mon bonheur serait complet.