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jeudi 4 octobre 2012

Ces rendez-vous manqués

J'ai lu un billet fort remuant sur le site de Yoopa. J'adore ce site web, en passant : yoopa.ca. Excellente source d'information, de divertissements, de chroniques et d'humour, pour tous les parents.

Bref, j'y ai lu cet après-midi une chronique de Mylen Vigneault : « Ces rendez-vous manqués : des histoires de fausses couches. »

Je ne vous la résumerai pas ; je vous conseille d'aller la lire.


L'image provient aussi de leur site. Je la trouvais magique. Un bébé, pas tout à fait formé, qui s'échappe, qui s'en va, dans l'univers, qui nous quitte sans jamais vraiment nous quitter. 

Si vous avez lu mon blogue, ou si vous me connaissez, vous savez que j'ai aussi fait une fausse couche. Le 16 mars 2009. Je me souviens de la date, car c'était la première journée à mon nouvel emploi, celui que j'occupe encore aujourd'hui. 

Je trouve aussi, comme l'auteure de la chronique, que notre système ne consacre pas assez de temps et d'énergie et surtout d'empathie, aux très nombreux parents qui vivent le deuil de perdre un bébé avant sa naissance. 

J'ai passé un test de grossesse au début du mois de mars, et il était positif. C'était une surprise, mais une belle surprise. Mon chum sautait de joie, il allait enfin être papa! J'ai commencé par être sous le choc, puis je suis devenue heureuse. J'ai appelé ma maman, ma soeur, mes amies. Puis j'ai fait des plans. J'ai vu mon avenir, avec ce bébé. 

Puis, le 15 mars au soir, je suis allée au cinéma, voir « Dédé, à travers les brumes ». Un film dur, mais magnifique, sur la vie du chanteur des Colocs. J'ai eu mal au ventre tout le long, mais je ne me suis pas vraiment inquiétée. Dans les livres et les sites web, on disait que les femmes enceintes ont mal au ventre en début de grossesse, car les ligaments s'étirent alors que l'utérus prend forme pour accueillir notre petit trésor. 

En revenant du cinéma, je trouve des traces roses dans mes sous-vêtements. Je commence à m'inquiéter sérieusement. Je lis sur internet. Ce que je lis ne me dit rien de bon. Je me couche. Je ne dors pas. 

Le lendemain matin, je vais travailler, ma première journée à mon nouvel emploi. Je commence à 9h, mais j'arrive à 8h. À 8h30, dans les toilettes (que je ne verrai plus jamais de la même façon, même quand j'y retourne après 3 ans) c'est les chutes niagara, mais rouge sang. Rouge vif mêlé à rouge foncé. Vie mêlée à mort. J'appelle mon médecin, qui tristement me confirme que selon lui, j'ai du perdre mon bébé, surtout si j'ai très mal au ventre. Je pleure un peu, je me ressaisis, met une serviette sanitaire et retourne travailler. 

Je passe ma journée de travail. Je prend une pause pour appeler ma maman et lui annoncer qu'elle ne sera probablement pas grand-maman, finalement... 

Je me sens pas mal seule. 


Je finis ma journée, puis j'appelle mon chum pour lui dire que je vais aller à l’hôpital juste à côté. J'arrive à l'urgence. J'y vois une salle bondée de malades. Une femme est en train de mourir d'une crise d'asthme sur les bancs. Littéralement, mourir là, live, devant plein de monde qui ne peuvent rien y faire. Une amie ou une soeur crie, hurle après le personnel, qui n'est pas là, pour qu'on fasse quelque chose. Vision d'horreur. On est au Québec non? Il ne me semblait pas qu'on mourrait dans les urgences, faute de personnel. 

Je vais voir un infirmier au triage. Je lui dis : « Je suis en train de perdre mon bébé. » Il me dit : « Il y a 36 heures d'attente, ça ne vous sert à rien de rester ici. » Je le regarde. « Je pense que vous n'avez pas compris. Je suis en train de perdre mon bébé. Là, maintenant. Il sort de mon corps, il meurt. » Il me regarde d'un air désolé. « Combien de semaines de grossesse? » Six. Je sais, c'est pas beaucoup, mon bébé ne mesure que la grosseur d'un pois chiche. MAIS IL EST EN TRAIN DE MOURIR PAREIL. 

Il me dit qu'il ne peut rien pour moi, qu'il est vraiment désolé, et d'aller à la polyclinique en face. Je vais à la polyclinique. On me donne un numéro. Vers 8h45 le soir je vois un médecin, qui me fait un examen gyneco. Il dit ne rien percevoir, outre la quantité phénoménale de sang. Me book pour une échographie à l'hôpital le lendemain. Ne peut rien faire de plus. 

J'arrive le soir, je suis en larmes, démolie. Personne ne comprend, sauf mon chum. Il essaie de me consoler, mais il a aussi mal que moi, j'en suis sûre. Mes amis ne comprennent rien. Ce n'est pas leur faute. 

Le lendemain, à l'hôpital, le radiologiste ne voit rien. Mon utérus est complètement vide, comme s'il n'y avait jamais eu de bébé. Je le vois dans sa face : il pense que j'ai imaginé ma grossesse. Je peux vous montrer les 3 tests positifs qui prouvent le contraire. Mais au fond, tout le monde s'en fout. Le bon côté : je n'ai pas besoin de curetage. Un stress de moins. 

Commence la longue période de platitudes ultimes « Tu en auras un autre. » « Il était probablement mal formé. » « 20% des femmes ont des fausses couches, c'est normal.» « Arrête de t'en faire. » « Ce n'était pas le bon bébé au bon moment. »

Toutes plus pénibles les unes que les autres. Le monde pense qu'on ne mérite pas de faire un deuil quand on perd un foetus, parce qu'il n'était pas encore né. Pire, le monde se permettent de juger qu'à 6 semaines de grossesse, c'est presque comme s'il n'avait jamais existé (car à 4 semaines ce sont les règles) alors on est pas justifiées d'avoir mal ou de souffrir, comme les mères qui perdent un bébé à 20 semaines de grossesse. 

Je peux concevoir que c'est plus difficile de perdre un bébé à 5 mois de grossesse, c'est certain. Mais ça ne veut pas dire que je n'avais pas un plan, que je n'avais pas déjà un avenir pour ce bébé, pour ma famille, que je ne l'aimais pas déjà. Ça ne veut pas dire que j'ai moins de peine. 

Je n'ai pas pu le voir. Je n'ai pas pu lui dire au revoir, l'enterrer. Il est mort dans les putain de toilettes de mon boulot. Sans aucun soin médical, ni pour lui ni pour moi. Quelle injustice. 

Quand je suis retombée enceinte, j'ai demandé à être suivie plus tôt par l'obstétricien car j'avais déjà perdu un bébé. On m'a répondu que si je n'avais pas fait au moins 3 fausses couches, ce n'était pas justifié. Quelle connerie. On attend de faire vivre 3 deuils à un couple, avant de s'assurer que la maman sera suivie convenablement. Sinon, pas de rendez-vous chez le médecin avant la 12e semaine. Quelle insensibilité. 

Heureusement pour moi, ma 2e grossesse s'est bien passée, et mon trésor, mon soleil, mon Damien est né le 13 janvier 2010. Mais quand je retomberai enceinte, j'aurai toujours peur de revivre cette froide insensibilité de notre système de santé, cet insupportable moment, où un membre du personnel de santé est capable de vous annoncer la mort de votre bébé, la chair de votre chair, sur le même ton qu'on vous dirait que votre billet de 6-49 est non-gagnant. 


mercredi 3 octobre 2012

Ma montée de lait : les AVAC et tout le reste

Ça mange quoi en hiver, un AVAC? C'est un accouchement vaginal après césarienne.

Introduction et raison de ma montée de lait : De nos jours, les mamans, on se fait tellement juger. Sur tout. Sur chaque mot, chaque geste, chaque biberon, T-O-U-T. C'est tellement épuisant.

Si on mange trop pendant la grossesse on exagère, si on ne mange pas assez on ne pense pas au bébé. Si on boit un verre de vin on est une future mère indigne, si on n'en boit pas on est une puritaine qui exagère et qui prend tout à la lettre. Si on mange ce qu'on veut on ne fait pas attention, si on évite la viande rouge, les fromages au lait cru et les sushis on est des maniaques. Si on accouche naturellement mais avec une épidurale on est des petites natures, si on ne la prend pas on est masochistes ou hippies. Si on accouche naturellement un cas de siège on met le bébé en danger, si on a une césarienne on n'est pas une vraie femme comme dans le temps. Si on allaite c'est bien mais pas en public! Si on n'allaite pas, on ne fait pas ce qu'il y a de mieux pour nos enfants. Si on allaite 2 mois c'est pas assez, si on allaite 18 mois c'est vraiment trop et malsain! Si on leur donne de la purée achetée on est paresseuses et c'est mauvais pour leur santé, mais si on fait nos purées maison on passe pour des «Bobos» prétentieuses et «péteuses de broue». Si nos enfants sont propres à 2 ans c'est vraiment trop tôt, on a sûrement scrapé leur estime de soi en les forçant, mais si nos enfants ont encore des couches à 3 ans, ils sont sûrement paresseux. Si nos enfants sont sages comme des images on les a sûrement empêchés d'exprimer leur créativité, mais s'ils font les fous et exigent l'attention des adultes ils sont mal élevés. Si on les fait vacciner on contribue à l'épidémie mondiale de cancer et autres maladies en détruisant leur système immunitaire à grands coups de bouteilles de purel, si on ne les fait pas vacciner on est responsable du retour en force de la coqueluche.

Est-ce que j'ai vraiment besoin de continuer? C'est insupportable.

Et vous voulez savoir le pire? C'est quand on reçoit ces reproches de la part de ceux qui n'ont pas d'enfants.

Je voudrais pas être impolie là, mais sérieux, et je me permet de citer Patrick Huard, FERMEZ VOS YEULES.



Quand on sait pas de quoi on parle, on ferme sa yeule.

Et quand on a pas eu de césarienne, on ne dit pas à une maman qu'elle n'a pas «vraiment» accouché, comme les femmes dans le temps, comme les femmes de cro magnon.

Premièrement, les femmes dans le temps, elles avaient une espérance de vie de 35 ans. Calculez-le comme vous voulez, mais c'est clair qu'un cas de siège en accouchement naturel, ça devait tuer une maman sur deux, si ce n'est pas davantage.

Deuxièmement, pour les femmes de cro magnon, ça devait être encore pire. Tout ce qu'elles avaient pour se soigner c'est des plantes pis des shamans. Entre une tisane de framboisier pis une incantation sous une quelconque boucane d'encens de tilleul pour demander au grand esprit des ours de sauver l'enfant (et non pas la mère, évidemment) il devait y avoir un taux de succès assez minime pour ce genre de naissance.

Alors quand une femme ose me dire que moi, qui ai porté mon gars, mon bébé de 9 livres et 15 onces, pendant 39 semaines et demi, et qui l'a mis au monde, qui l'a aimé, qui l'a allaité, nourri, cajolé, consolé, éduqué, élevé, que moi je ne suis pas une vraie mère qui a eu un vrai accouchement... sérieux, FERME TA YEULE. SURTOUT si tu n'as pas eu d'enfant.

Et quand on ne sait pas de quoi on parle, on ne dit pas à la dite maman qu'elle devrait vraiment tenter un AVAC, pour son prochain bébé, parce que tsé, ça lui donnerait l'opportunité de vivre une VRAIE naissance.

Un accouchement, c'est terrifiant. Toutes les mamans le savent. Toutes les mères ont toute mon admiration.

Une césarienne, je m'excuse mais c'est terrifiant aussi. Une anesthésie presque générale, qui en moins de 2 secondes fait disparaître les sensations de 80% de ton corps, c'est surréel et très épeurant. Une coupure de 20 cm dans ton ventre, ta peau et tes muscles, c'est complètement hallucinant.  Ne pas être capable de marcher pendant 1 mois par la suite, c'est très difficile. Mais tsé, c'est pas VRAIMENT un accouchement.


Est-ce qu'on oserait dire à un malade qui a un pacemaker qu'il est pas vraiment malade du coeur, parce que «dans le temps» il serait juste mort pis ça serait plate de même? Je ne crois pas.

Dirait-on aux malades du cancer qu'ils sont faibles car dans le fond, la chimio, c'est pas naturel, pis ils ne devraient pas vivre si on vivait encore «dans le temps»? Je ne crois pas.

Ce sont ces avancements de la médecin qui permettent à l'espérance de vie de monter. Comme la césarienne permet de sauver la vie de millions de bébés et de mamans.

Pourquoi la césarienne est-elle autant stigmatisée?

Je suis d'accord que les femmes qui demandent une césarienne par simple peur de l'accouchement naturel ne devraient pas le faire. Choisir d'avoir un enfant, c'est choisir d'accoucher. Par contre, quand une condition médicale l'exige (par exemple, un bébé de 10 livres en position de siège dans un bassin trop étroit pour lui permettre de passer sans tuer sa mère), je crois qu'on devrait s'informer avant de juger.

Et si la maman a peur de tenter un AVAC, parce qu'elle n'a pas envie de risquer sa vie, de déchirer sa cicatrice de 20 cm sur le ventre et sur ses muscles, qui lui fait encore mal après 3 ans, parce qu'elle a peur de pousser pendant 36h pour finalement entendre un médecin lui dire «Ça ne marchera pas et le bébé est en détresse, on va faire une césarienne d'urgence», parce qu'elle veut mettre toutes les chances dans la survie de son bébé, si à cause de tout ça, elle ne souhaite pas tenter un AVAC, peut-on lui dire qu'elle sera une bonne maman pareil?


vendredi 17 août 2012

Un kyste dermoïde

Ce post n'a rien à voir avec mon désir d'avoir un deuxième enfant ou une future grossesse. Il raconte une aventure que mon conjoint, mon fils et moi avons vécu au printemps 2011. La plus difficile de ma vie.

En décembre 2010, Damien avait alors 11 mois, nous lui avons trouvé une bonne bosse sur la tête. Ça avait l'air d'une prune. On s'est dit qu'il se cognait tout le temps ; rien de plus naturel. On ne s'est pas inquiétés.

Après 2 mois on s'est dit «Coudonc, ça dure combien de temps, une prune?» alors on est allés chez la pédiatre, qui nous a envoyés à Ste-Justine. Déjà, le stress embarque. Avez-vous déjà essayé de faire passer une radiographie à un mousse de 12 mois? Mission impossible. Il a fallu enrouler mon fils dans une serviette, le coincer entre 2 planches de bois et que je le maintienne en position. Déjà, passer un scan, c'est désagréable. Avoir l'impression de traiter son fils comme un animal indiscipliné pour l'empêcher de bouger pendant qu'il hurle, c'est carrément à se trancher les veines.

Mais je n'avais encore rien vu.

La radio n'a pas vraiment été utile. Alors ils nous ont fait passer une échographie cervicale. Là, ils ont vu quelque chose. MAIS ILS NE SAVAIENT PAS CE QUE C'ÉTAIT.

C'est là que le monde arrête de tourner. Quand un radiologue, dans la cinquantaine (donc qui a l'air d'avoir une bonne expérience) du meilleur hôpital pour enfants de la grande région de Montréal, te dit qu'il n'a jamais vu ça de sa carrière, tu CAPOTES. Le tourbillon d'émotions contradictoires est hallucinant : rage de se trouver devant un radiologue incompétent, injustice que ce soit TON enfant qui subisse ça, incompréhension (ça ne peut PAS nous arriver??!?), détresse ultime, tristesse immense, terreur incontrôlable. Et ensuite le mot saute dans ton esprit avec l'agilité d'un olympien triple-médaillé d'or : CANCER. Je suis sûre que c'est un cancer. Un type de cancer encore inconnu. Alors les autres mots déboulent : chimio, radiothérapie, perte de cheveux, système immunitaire déficient, hôpital, traitements, mort... mort? Pour vrai? Un bébé, ça ne peut pas mourir, non?

Je n'ai jamais été aussi malheureuse de ma vie. Ces quelques minutes ont été un calvaire.

Et le radiologue nous quitte en disant «Je vais voir ça avec des collègues, on vous rappelle dans quelques jours.» QUOI? Parce que tu penses que je vais vivre ça pendant quelques jours? Euh, non.

Je me suis effondrée. Kevin me suppliait de me calmer, pour que Damien ne soit pas effrayé. Il n'y a rien qui bouleverse davantage mon fils que sa maman qui pleure ou qui a mal, et ce depuis qu'il est en âge d'exprimer des émotions.

Les quelques minutes où j'ai tenté de reprendre mon calme ont été un coup du destin : elles ont permis que nous soyons encore là quand le radiologue est revenu. Pour nous dire qu'il avait parlé à un collègue, et que lui savait c'était quoi. Alleluia!

Un kyste dermoïde. Pardon? Un kyste dermoïde. Des cellules de peau et/ou de poils, qui ne sont pas à leur place. Au lieu d'être dans la peau, elles sont dans l'os. WTF? Pas en-dessous de l'os, non, DANS l'os. Dans la couche d'os qui recouvre le cerveau de mon bébé. Et comme des cellules de peau, ça se desquame, alors ça grossit, à perpétuité.

Ok, alors on fait quoi?

On opère.

Comment ça on opère? On ne va pas ouvrir le crâne de mon fils? Si.

La deuxième bombe. Opération en neurochirurgie. Le plus vite possible. Rencontre avec le neurochirurgien, chef du service de neuro de Ste-Justine. Super gentil le monsieur. On vous appellera dès qu'on aura une place dans l'horaire. Vous devrez prendre une semaine de congé. (Une semaine? Je prendrai un an s'il faut.)

Ça prend un mois avant de recevoir le-dit appel. Ma patronne, super compréhensive, ne dit pas un mot, si ce n'est pour me faire savoir que toute mon équipe au boulot pense à moi et est avec moi. Le soutien, c'est précieux.

Un dimanche soir, le 27 mars 2011, on entre à Ste-Justine. Maman va dormir là avec Damien. Il n'y a qu'un seul lit, de la place que pour une personne. Ça a du être déchirant pour Kevin de repartir dormir à la maison.  Damien a découvert la salle de jeu de l'hôpital. On lui pose un cathéter. Ça va relativement bien. On rencontre nos compatriotes de chambre.

Damien, la veille de son opération, à Ste-Justine

Le lendemain matin, Kevin était là à 5h. L'opération est prévue pour 13h. Damien doit être à jeûn. Premier combat. Damien a 14 mois : il n'a jamais connu la faim. Il hurle tout l'avant-midi, souffre, crie, pleure, ne comprend pas. Nous devons le consoler, et attendre. En milieu d'avant-midi, il passe une résonance magnétique, pour confirmer le diagnostic (WTF? le jour de l'opération??) Première anesthésie générale, car on ne doit pas bouger pendant 45 minutes pour un scanner. Explique ça à un bébé affamé. Donc premier stress intense. J'ai le droit d'entrer avec mon fils dans la salle de résonance magnétique. Je le surveille. Je pleure. Je ne le lâche pas des yeux. Je me dis que je ne le lâcherai plus jamais des yeux de toute ma vie, après.

Le scan confirme le diagnostic. Damien se réveille. L'anesthésie a un drôle d'effet. Donne l'impression qu'il a bu de l'alcool. Damien rit en se réveillant, est incapable de coordonner ses mouvements. On réussit à trouver ça drôle. Le stress, peut-être. Papy et Mamie sont là, avec nous.

Réveil après la première anesthésie
Puis, on entre au bloc opératoire. Damien a fini par s'endormir d'épuisement à force d'avoir hurlé sa faim et sa douleur tout l'avant-midi. Dans les bras de papa. Un infirmier vient le chercher. On le dépose sur le lit roulant. Avec l'impression de perdre une partie de notre coeur. La peur, non, la terreur, de le voir sortir de la pièce en se disant que c'est possible, qu'il n'en ressorte pas, s'il y a des complications à l'opération... il n'y a pas de mot pour décrire ce sentiment d'impuissance et de perte. Je me suis effondrée sur une chaise, dans cette petite salle d'attente minable aux murs jaunis, avec tous ces autres parents qui vivaient quelque chose de semblable. Je me suis endormie. Probablement parce que mon corps n'arrivait plus à suivre mes émotions.

2h plus tard, le médecin est venu nous dire que c'était terminé, que tout avait bien été. Que nous allions voir notre fils dans 15 minutes. Quand il est arrivé, sur son lit roulant, poussé par un infirmier jovial et souriant, ça a été le plus beau moment de ma vie. Il avait sa petite jaquette jaune, son ourson dans la bouche, des petits yeux fatigués et un sourire... le plus beau des sourires. Le soleil en personne. Je ne fais que l'écrire et je frissonne, les larmes aux yeux. Le plus beau moment de ma vie. Plus encore que sa naissance. J'avais tellement eu peur de le perdre...

Mon bébé, fiévreux mais sans danger, se repose après l'opération.

Damien s'est rétabli comme un champion. Il est sorti de l'hôpital le lendemain midi. Papy est venu nous chercher, car papa travaillait. Maman a pris la semaine de congé. Plus tard, les analyses ont démontré que le kyste était bénin, aucune cellule cancéreuse n'avait attaqué mon trésor. C'est à partir de ce moment que j'ai toujours appelé Damien mon trésor. Parce que c'est ce que j'ai de plus précieux au monde, et que j'ai eu si peur qu'on me l'enlève.

Le lendemain matin de l'opération
La cicatrice
Mai 2011, mon trésor est guéri.
Aimez vos enfants comme si chaque jour était un cadeau du ciel. Profitez de chaque minute comme si c'était la dernière. Le temps que nous passons avec eux ne nous est que prêté.

Damien, je t'aime plus que la vie même.

Maman xxxxxxxxx

jeudi 16 août 2012

L'aventure, ou comment on fait les bébés

Aux mamans, aux futures mamans, à celles qui essaient de devenir mamans : avez-vous des trucs pour trouver votre ovulation? Utilisez-vous des courbes de température comme celle de Mamanandco? Utilisez-vous des applications sur votre iPhone ou Android pour cibler votre période de fertilité? Ou vous laissez-vous guider par vos «feelings»?

De mon côté, j'ai un peu testé tout ça. Pour ma première grossesse, qui s'est transformée en fausse couche, c'était un peu un bébé-surprise. J'avais arrêté le condom, en me disant que «Si ça avait pris 5 ans à ma mère pour tomber enceinte, ça m'en prendrait bien 10 à moi!» quelle connerie... je suis tombée enceinte le premier mois. Celui où je venais de me trouver une nouvelle job. Stress, questionnements, insomnie = fausse couche. J'ai perdu mon bébé le matin même de mon embauche. Perdre un bébé, c'est déjà abominable. Perdre un bébé dans les toilettes de sa job, en cachette, en devant s'empêcher de pleurer, sans son conjoint, sans son médecin, et n'osant pas s'en aller à la maison parce que, bordel, c'est notre première journée! C'est plutôt pénible. Heureusement pour moi, bébé est parti vite, sans soucis, je n'ai pas eu besoin de curetage, et à part un «rush» d'hormones épouvantable qui a duré 12 jours, je n'ai pas eu trop de problèmes. J'ai pleuré ma vie en rentrant le soir à la maison, mais ma famille et mon copain étaient là pour moi.

Après ça, plus question d'attendre des mois, que ma situation soit stable avec mon emploi. Non, non, non. Une femme enceinte, c'est déjà instable. Une femme qui vient de faire une fausse couche, c'est une montagne d'hormones à «high». Mon corps croyait encore que j'étais enceinte, et mon cerveau avait beaucoup de misère à assimiler le contraire. J'ai développé une phobie des fausses couches. Je me suis imaginé le pire : les fausses couches à répétition, incapacité de garder un bébé, grossesses extra-utérines, mort intra-utérine, etc. J'avais tellement peur de ne plus jamais être capable de porter un bébé à terme. Et j'en voulais un TOUT DE SUITE.

Alors j'ai calculé ma courbe d'ovulation. Et dès que la période de fertilité s'est pointée, je me suis mise au travail. Mon copain était plus ou moins d'accord. Il trouvait qu'on aurait du attendre quelques mois. Après tout, lui aussi, il vivait un deuil. Une fausse couche, ce n'est pas le deuil d'un feotus. C'est le deuil d'un futur. De la vie de famille qu'on s'était imaginé la seconde où on a vu le petit « + » bleu sur le test en plastique. Kevin vivait ça différemment de moi. Moi, je voulais mon bébé. J'étais persuadée, dans une belle naïveté teintée d'hormones et de larmes, que mon bébé allait revenir, que l'âme de mon bébé serait la même que celui que j'avais porté et perdu, car je l'avais tellement aimé. Je l'avais déjà appelé Damien. Et quand je suis retombée enceinte, j'ai choisi à nouveau le même prénom.

Bref, 3 semaines après la fausse couche, ovulation. 10 jours plus tard : test positif. Kevin n'y croyait même pas. Il n'a presque pas eu de réaction quand je le lui ai annoncé. Ça m'avait vexée.

Cette grossesse s'est bien passée, et le 13 janvier 2010, mon fils, le plus beau miracle du monde, a vu le jour par césarienne, à l'hôpital de la Cité de la Santé à Laval.

Damien (1 mois) et maman - mars 2010

Je voulais attendre qu'il ait 2-3 ans avant de lui faire un petit frère ou une petite soeur. En janvier, nous avons retenté l'expérience. Mais maintenant, j'avais un iPhone! J'ai downloadé tout ce qui se faisait comme application de suivi de grossesse. J'ai obtenu la durée moyenne des mes cycles, évalué ma période de fertilité, etc. Et cette fois-ci, après 4 mois d'essai, toujours rien, sinon une amère déception à chaque début de règles. J'en suis restée un peu perplexe. Ça avait été si facile, les autres fois! Vous me direz : «Il y a des couples qui attendent parfois des années avant de pouvoir concevoir.» C'est vrai. Mais les 2 fois précédentes, ça avait marché du premier coup. L'humain est ainsi fait qu'il s'habitue rapidement à la facilité. J'étais contrariée.

Puis, sur un coup de tête, nous avons décidé d'acheter une maison. Changement de plans. Alors j'ai pris une pause-condom. Je ne voulais pas de bébé dans mon ventre pour un déménagement qui allait être éprouvant pour moi mais aussi pour Damien.

Maintenant, 2 mois après le déménagement, nous venons de reprendre les essais. Encore une fois, premier mois sans succès. Mais cette fois-ci, j'ai plus ou moins envie de faire une courbe d'ovulation ou de cibler ma période de fertilité. J'aurais plutôt tendance à laisser aller les choses d'elles-mêmes. Ne pas essayer de provoquer les choses. Ne pas angoisser. Ne pas m'en faire. Même si j'ai bien hâte, non : terriblement hâte, de tenir à nouveau un petit être si précieux dans mes bras, de le nourrir, l'allaiter, veiller sur lui ou elle.

J'aime à croire que la vie est bien faite, et qu'elle m'offrira cette petite grenouille pour bientôt, parce que c'est le bon moment, parce que mon bonheur serait complet.


lundi 13 août 2012

Retour aux essais!

Ouf! Mon dernier post date de février... nous avons assisté ici à une «légère» interruption de nos essais pour un bébé. Pourquoi? Parce que je n'avais pas envie de déménager enceinte. Et vu l'expérience, je suis bien heureuse d'avoir pris cette décision! Nous n'avions qu'un 5 et demi, je n'arrivais pas à croire à la quantité phénoménale d'objets et de possessions utiles et inutiles dont nous avons pu nous encombrer au fil des ans. Quel bordel! J'ai donné environ 12 boîtes (et des grosses!) aux gens moins fortunés. Vive les sous-sols d'églises. J'ai fait le tri en faisant les boîtes, et quand je les ai défaites dans la nouvelle maison, j'ai encore décidé de donner une autre pleine boîte!

Ce qui m'a amenée à la conclusion que j'espère du fond du coeur que notre maison est la bonne, dans laquelle nous aurons envie de demeurer pour de longues longues longues années. Un autre déménagement, alors que nous avons maintenant 12 pièces à remplir, m'achèverait. Bref, tout ce travail avec un bébé dans mon ventre? Très peu pour moi. Je suis du genre à dormir 20h sur 24 quand je suis enceinte (et je travaille...! lol) D'autant plus que j'ai une crainte (justifiée) des fausses couches, en ayant subi une lors de ma première grossesse. Donc quand je suis enceinte, je minimise les efforts, je mets toutes les chances de mon côté, pour que la petite grenouille s'accroche bien solidement dans mon ventre.

Alors on avait décidé d'attendre à l'automne, ce qui explique l'inactivité de mon blogue. Un blogue de bébé, quand il n'y a pas de bébé... c'est assez inutile :P Maintenant, recommence la course à l'espoir. Je suis du genre impatiente. Je n'ai pas envie d'attendre 8 mois avant d'avoir une autre petite crevette qui grandit dans mon bedon. Je le veux tout de suite mon bébé! :) Je sais, je sais... ça ne marche pas comme ça. C'est en général quand on lâche prise que ça fonctionne. Mais mon coeur n'obéit pas à ma raison dans ce genre de situation.

 Bref, mes règles sont dûes pour demain. Commencera? Commencera pas? Retardera? Retardera pas? Si mes règles arrivent, je débuterai ce nouveau cycle en faisant ma courbe de température.

 Ma liste de prénoms (voir plus bas, à droite) commence à être joliment remplie! Avec toutes ces suggestions, jamais je croirai que Kevin et moi ne réussirons pas à nous entendre sur au moins un prénom! Mais nous avions eu beaucoup de mal à trouver le prénom de Damien. Ce serait plus facile si nous avions une petite fille, cette fois. Mais peu importe... l'important, c'est que nous serons heureux d'être à nouveaux parents, le plus beau métier du monde.

mercredi 29 février 2012

Une maison!!!

Mon copain et moi sommes les heureux propriétaires d'une magnifique maison à La Plaine!!! Nous avons fait une offre samedi passé, elle a été acceptée dimanche soir, l'inspection a été faite lundi soir, et notre financement a été accepté aujourd'hui! Il ne reste qu'à négocier quelques réparations avec le vendeur, et « l'affaire est ketchup » comme on dit! :)))

Notre future propriété a 12 pièces, incluant 3 chambres au premier étage. Au sous-sol il y a une immense salle familiale + une salle de jeux ouverte et 2 autres chambres fermées. Nos amis seront donc nombreux à pouvoir venir fêter chez nous et rester à dormir ;)

En plus d'être équipée d'un air climatisé central, elle est également assortie d'un terrain de 6400 pieds carrés muni d'une piscine de 21 pieds, d'un patio/deck et d'un cabanon de taille respectable. Damien pourra courrir à en perdre haleine, pendant que mon amoureux aura enfin le jardin et les plate-bandes de ses rêves, alors que moi je me ferai dorer au soleil sur mon patio tout en surveillant ma petite famille, un verre de sangria à la main. Le bonheur.

Le lieu idéal pour accueillir un nouveau petit bébé bientôt, nous l'espérons :)

Je vous présente ma superbe et IMMENSE maison :








Je suis si heureuse!!!!!!!!!!!!!


Ma nouvelle maison c'est dans 3 mois et 25 jours

mercredi 1 février 2012

Bola ou clochette de grossesse

Lorsque je serai enceinte, je veux un bola ou une clochette de grossesse. Vous connaissez?

C'est un pendentif dont la chaîne ou le collier est très long, laissant le pendentif à la hauteur du ventre, donc du bébé. Un genre de petit xylophone sur lequel « danse » une petite bille en bougeant est soudé à l’intérieur du bola, créant un son doux et apaisant que le bébé reconnaît. Mieux encore, à sa naissance, si vous continuez de porter le bijou, le son auquel il est habitué lui rapellera celui qu'il entendait quand il était au chaud, dans votre ventre.

Il y en a de très beaux en vente sur internet. J'en avais vu souvent en parcourant les forums de grossesse, quand j'étais enceinte de Damien. La prochaine fois, j'en achèterai un.

Je pourrai passer un test de grossesse dans 10 jours. Je croise les doigts!